Retrouver qui vous êtes : une semaine en pleine nature suffit pour commencer ce chemin.


    par Emmanuelle Dingli

    Comment pourrait-on perdre ce que l’on est ?

    Et pourtant, lorsque je rencontre des personnes qui ont assisté à une projection du film « L’Autre Connexion » ou qui viennent participer à des stages dans la nature, beaucoup me disent ceci:

    « J’ai le sentiment de m’être éloignées de moi même et de l’enfant joyeux que j’étais, celui qui jouait, riait, grimpait dans les arbres, sautait dans les flaques d’eau, ne se souciait pas du regard des autres. »

    Au fil des années, on accumule des responsabilités, des rôles (celui du parent, du conjoint, de l’avocat, du médecin, de l’aidant…..). Au bout d’un moment, après avoir répondu aux besoins extérieurs, une question finit parfois par émerger : « Qu’est-ce qui est vraiment important pour moi ? »

    Ce moment de la vie ou on regarde en arrière, on se sent un peu perdu, en manque de sens et on semble ne plus savoir ce qui nous anime profondément.

    C’est souvent là que la nature joue un rôle particulier.

    La nature offre simplement un espace où les sollicitations diminuent. Un espace où le mental ralentit. On s’offre une pause dans les activités incessantes de la vie. Un espace où l’on peut recommencer à entendre ce qui se passe à l’intérieur.

    Au début, certains disent que c’est inconfortable car ce n’est pas habituel. La notion du temps change. 10 minutes seules en nature peut être difficile. Nous sommes tellement habitués à agir, aux écrans et aux distractions que le silence peut dérouter.

    Puis, progressivement, quelque chose s’apaise. Le corps se détend, il arrive même que certains s’endorment. Les sens sont bien là, la respiration s’approfondit, les pensées deviennent moins envahissantes.

    Retrouver qui vous êtes ne consiste peut-être pas à devenir quelqu’un d’autre. Ni à réparer quelque chose qui serait cassé. Peut-être s’agit-il simplement d’enlever, pendant un temps, ce qui recouvre l’essentiel. Et de permettre à ce qui est déjà là d’émerger à nouveau.

    Dans un monde qui nous pousse constamment à faire plus, à aller plus vite et à devenir autre chose, prendre le temps de revenir à soi est peut-être l’un des actes les plus précieux que nous puissions poser.

    Et parfois, une semaine en pleine nature suffit pour commencer ce chemin.

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