Il existe un endroit, une petite île, Salt Spring, au large de Vancouver au Canada, où il y a une école de la nature sauvage. J’y ai passé plusieurs semaines, tellement ce que j’y ai vu m’a retournée. Là, les enfants apprennent la connexion, à soi, aux autres, à la nature. 3 jours par semaine. Rêve? Utopie? Tellement que de plus en plus de parents déménagent sur cette île pour inscrire leurs enfants à cette école!
L’apprentissage se construit par l’expérience, à travers des activités, toujours dans la nature.

Une de ces activités est le sit spot, ou place médecine.

L’enfant choisit un endroit dans la nature qui devient son sit spot, le lieu où il s’assoit. Tout au long de l’année, quel que soit le temps, il y passe 1/2h, seul, observant, ressentant. C’est ce que j’ai fait (à 43 ans, no comment) pendant 24h et qui m’a transformée (voir femme-sauvage-en-cours). Eux le font presque tous les jours, toute l’année, pendant des années (no comment).

Ensuite il partage ses histoires et expériences vécues sur son sit spot avec les autres.

Il développe ses sens, et l’esprit tranquille.

Sa présence, son sens de l’observation, son écoute profonde, son ressenti, sa conscience et sa connaissance du monde qui l’entoure.

A chaque fois que je me baladais avec un enfant, il me disait : tu as vu ça, ça, ça et ça. Et là ? Ma réponse, toujours la même : euh, non, non, non et non, et encore non… au moins j’avais de la constance ! Pour eux, prendre soin de ce qu’ils ont découvert, étudié, et ce dans une relation directe, est juste une évidence. Waouh.

Le fait de partager son expérience est essentielle dans la reconnaissance de son vécu et de son ressenti, et donc dans son évolution. C’est important de se sentir reconnu, hein !? 

En partageant avec les autres, il pourra aussi enrichir son histoire. Car ce qu’il a vu ou entendu, il n’en a peut être pas trouvé la signification ou la raison. L’expérience d’un autre apportera peut être la réponse: l’un a entendu une alarme d’un oiseau, l’autre a vu le faucon. Ou un mentor lui posera une nouvelle question à sa question, elle lui donnera des pistes pour trouver une réponse par lui-même la fois suivante.

Nous avons bien ici un modèle d’apprentissage qui ne dit pas son nom tellement il est discret! Un apprentissage qui place l’enfant au cœur du processus (c’est pas comme chez nous…). Et je vois bien que les progrès sont bien plus rapides et spectaculaires quand l’enfant est responsabilisé.

On est loin du gamin isolé de la nature, assis sur son banc entre 4 murs pendant des heures et écoutant le professeur en cours didactique et non interactif ! En fait, je crois, euh, que c’est l’exact opposé !

Et je vois bien que les enfants sont heureux.

Avec le recul aujourd’hui, j’aurais rêvé grandir dans une école comme celle-ci. J’aurais « économisé » des années de recherches, de développement personnel, de lectures, de voyages, de marches longues et solitaires dans la nature, de rites de passage à plus de 40 ans (même s’il n’est jamais trop tard)! c’est bien connu, quand on apprend jeune, c’est plus facile et ça va bien plus vite!

Je ne connais à ce jour pas d’école aussi poussée et aboutie dans toutes ces dimensions: l’expérience directe et profonde de la nature, l’entraide et le mentorat de la communauté (y compris des enfants envers les autres enfants!) au sens large, et le développement de soi (à travers notamment les rites de passage!).

J’ai recueilli des heures de matériels vidéos sur tout ça, d’interviews passionnantes et enthousiasmantes. Je me dis qu’il peut être pertinent d’en faire un film plus long. Qui pourra peut-être inspirer… 

En attendant (parce que c’est du gros boulot quand même), le sujet est tellement riche, avec ma monteuse Emmanuelle, nous avons voulu vous en partager un bout.

Cela vous fait-il le même effet qu’à moi ?

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